Après tout ce travail, Mic Mac (qui doit ce surnom à son miaulement qui évoque une porte grinçante : « miiik, miik ») a bien le droit de se détendre un peu. Pour ça, il a le choix et l’embarras du choix ; dans une maison remplie du sol au plafond de jouets pour chats, Maki n’a qu’à fermer les yeux et poser la patte sur le premier venu. Il a tout de même ses préférences ; les jouets et objets qui portent plumes remportent son suffrage haut la main. Son préféré ? Une « canne à pêche », constituée d’un bâton souple au bout duquel est fixé un plumetis coloré ; c’est léger, ça s’attrape, se mordille, se promène, se cache…Maki en fait une grande consommation, puisqu’on lui en a acheté trois en l’espace de quatre mois. Habituellement, il attend qu’on débusque son plumeau du dernier meuble sous lequel il l’a caché pour se lancer dans une simulation de chasse aux oiseaux en règle (je pense qu’il serait bien moins fier en face d’oiseaux bien réels). Et puis un dimanche matin, pendant que ses maîtres émergeaient autour d’un bol de thé, chaton a pris lui-même son plumeau dans la gueule, et l’a déposé à nos pieds, en nous regardant droit dans les yeux. J’avais déjà vu des chats rapporter leurs jouets, mais quand c’est le vôtre, c’est toujours plus émouvant. Je crois qu’on l’a rarement trouvé aussi mignon que ce jour-là, comme si il nous avait décroché la lune, et même si décidément, ce chat tourne cabot. Depuis, au grand minimum trois fois par jour, Maki vient voir l’un de nous deux (selon son humeur) avec son plumeau et requiert quelques dizaines de minutes d’attention (il ne se lasse pas vite) pour jouer avec lui. Il saute, virevolte, se cache et tortille son postérieur en position d’attaque, promène son trophée dans toute la pièce et finit par s’affaler sur le sol, fermant à demi ses petits yeux dans une expression de satisfaction. Il fait preuve d’un enthousiasme débordant lorsqu’il s’agit de rapporter son plumeau, qu’on peut lui lancer sans fin ; en général les maîtres se lassent avant le chat, qui a d’ailleurs du mal à comprendre qu’on ait mieux à faire.


« Je vais l’avoir… »

« Je l’ai presque… »

« Ha ha, je l’ai eu ! Je vous l’avais bien dit…»
Vous me direz que tout ça est bien banal pour un chat ; il joue ? Fort bien, tous les jeunes félins en font autant. Mais tous les chats ne volent pas. Ce qui fait la particularité de ce chat, c’est sa capacité à exploiter l’espace aérien. Cet animal bondissant, cabriolant, sautillant, est aussi facile à dresser qu’un animal de cirque. Pour quelques croquettes, il saute d’un meuble à l’autre, traverse la pièce en équilibre sur une planchette ou fait un tour sur lui-même sur les pattes arrière. Je sens que vous voulez des preuves :

L’envol du chat

L’atterrissage

Et le retour à la case départ
Outre ses intenses activités physiques, Maki consacre également une partie de ses journées à des divertissements plus intellectuels. Ainsi, il ne dédaigne pas le visionnage d’un bon film. Il n’a pas beaucoup apprécié la version longue du Seigneur des anneaux (les bastons d’orques en son 5.1, c’est trop pour ses oreilles délicates), en revanche il a adoré la Guerre des étoiles ; je l’ai même surpris l’autre jour en train de lancer pour la troisième fois Le retour du Jedi (il est amusant ce correcteur d’orthographe de Word, il me propose « Le retour du Jeudi »…).

Maki a également déniché dans notre bibliothèque quelques ouvrages fort intéressants, dont il dévore (littéralement) les pages confortablement installé sur nos genoux.



Ce chat est un bibliophile refoulé –je devrais plutôt dire « biblivore ». Cela dit, il ne dévore pas seulement les livres, il lui prend souvent l’envie de planter ses crocs, qu’il a de bien acérés, dans divers objets : meubles, tétines (quatre tétines en silicone pour bébé réduites en miettes en moins de deux mois), queue de chat, chevilles humaines, pouces, et j’en passe. Il prend son air innocent, se frotte contre nos jambes en roucoulant et tout d’un coup, clac ! un bon coup de dents dans sa pauvre victime.

